Récemment j’ai observé dans les transports en commun que plusieurs personnes lisaient un livre intitulé « Pourquoi nous dormons ? » De prime abord je me suis dit que c’était bien de constater que les gens lisaient mais pourquoi sur le thème du sommeil, un sujet à priori plutôt ennuyeux. Puis j’ai constaté qu’encore plus de personnes le lisaient ce qui m’a interpellé et incité à me le procurer afin de me faire ma propre opinion sur cet cet ouvrage. Le fait qu’il ai obtenu une note de 5 étoiles sur Amazon malgré des milliers d’avis a encore renforcé ma curiosité, en réalité j’avais fait une énorme erreur de jugement en considérant uniquement sa couverture, finalement il regorge d’informations précieuses et vraiment utiles. Auparavant je considérais le sommeil comme une activité accessoire, que sa durée s’opposait à d’autres beaucoup plus productives. En réalité il n’en est rien , un sommeil de qualité dont la durée est suffisante conditionne l’efficacité de toutes vos autres activités durant la journée; de plus il joue un rôle primordial au niveau de votre santé tant physique que psychique, ce fait est encore trop souvent méconnu, en règle générale le grand public entretient des idées fausses à son égard, il est malheureusement encore trop souvent associé à de la paresse. Les principales idées reçues que l’on a sur le sommeil minent notre santé si on les tient pour des vérités. Si la plupart d’entre nous avons conscience de l’importance du sommeil sur notre santé, de nombreuses faussent croyances et idées reçues circulent encore. Même si vous n’en en avez pas conscience, beaucoup de bonnes choses se produisent lorsque vous dormez. Durant votre sommeil votre corps ne bouge pas beaucoup car votre cortex frontal s’arrête quasi complètement. Votre sommeil n’est pas uniforme, votre nuit se compose de plusieurs stades de sommeil. Ces phases peuvent être regroupées en deux grandes catégories, le sommeil à ondes lentes (Non-REM) et le sommeil paradoxal (REM – Rapid Eye Mouvement) . Votre cerveau démarre dans un sommeil léger pour se diriger ensuite vers un sommeil plus profond. Un cycle de sommeil se compose de trois phases et dure environ 90 minutes. Le sommeil léger se caractérise par la production d’ondes alpha, il s’agit d’un état de non réveil, dont la fréquence est comprise entre 8 et 13 Hz.  Elle sont aussi générées lors d’une relaxation légère. Cette phase dure moins de 20 minutes en moyenne. Les ondes thêta, de 4 à 7 Hz, sont associées au sommeil profond. Les méditants expérimentés produisent également de telles ondes en plein éveil.  Le dormeur sombre alors dans un état dont il lui est difficile d’émerger, la température corporelle baisse, l’activité cérébrale diminue, le rythme de la respiration diminue. Cette phase est plus longue en début de nuit. La phase de sommeil paradoxal revêt un caratère vraiment fascinant. Elle est associée à la production d’ondes thêta dont la fréquence est comprise entre 0,5 et 4 Hz. Contrairement à ce qui se passe durant les deux phases précédentes, elle se caractérise par une relance très importante de l’activité cérébrale. Les rêves affluent vers notre conscience, le pouls et la respiration deviennent irréguliers. Ce type de sommeil occupe en moyenne 20 % de notre temps de sommeil total. Votre cerveau régule vos souvenirs pendant le sommeil paradoxal et il analyse les informations accumulées pendant la journée. Les ondes bêta (de 15 Hz et plus) sont celles des activités courantes. On parle parfois d’ondes gamma qui se situeraient au dessus de 30 ou 35 Hz et qui seraient associées à une activité cérébrale intense. Notre cerveau en génère pendant les processus créatifs ou lors de la résolution de problèmes complexes. Passons en revue les phénomènes merveilleuses qui se produisent lorsque nous dormons mais aussi les effets délétères d’un sommeil dont la durée et/ou la qualité n’atteint pas un niveau suffisant. Les hommes qui ne dorment que quatre ou cinq heures par nuit de façon récurrente ont un taux de testostérone comparable à celui d’une personne de dix ans leur aîné. Bien qu’encore largement méconnu et sous-estimé, un mauvais sommeil a aussi un impact considérable sur la santé reproductrice des femmes. Examinons à présent l’impact du sommeil sur le processus d’apprentissage, la mémoire et le stress.  Des études scientifiques l’ont à maintes reprises confirmé, vous avez besoin de dormir après avoir emmagasiné de nouvelles connaissances afin de consolider ces souvenirs et ne pas les oublier ; récemment elles ont aussi confirmé la nécessité de dormir avant une phase d’apprentissage, dès votre cerveau devient comme une éponge sèche prête à absorber de nouvelles informations de façon particulièrement efficiente.  Privés de sommeil les circuits de la mémoire se paralysent, votre capacité d’adaptation s’en trouve fortement réduite.  Pour prouver cette hypothèse, l’auteur de l’étude a réuni un groupe d’individus qu’il a divisé en deux groupes, le premier privé de sommeil, le second a bénéficié de huit heures de sommeil effectif. Ils ont ensuite demandé à chacun des individus des deux groupes de mémoriser une liste de faits nouveaux. Le groupe privé de sommeil a obtenu un score inférieur de 40% à celui ayant bénéficié d’un sommeil réparateur. Si l’on considère un élève ayant obtenu une note de 18/20, une différence de 40 % équivaut à un 11/20. Il existe une structure située dans le lobe temporal, dans chaque hémisphère (droite et gauche) du cerveau appelée hippocampe. Le corps calleux est l’axone qui réunit ces deux parties. En 1953, William SCOVILLE et Brenda MILLER rapportent le cas d’un patient canadien opéré à l’âge de 27 ans afin de le soulager de graves crises d’épilepsie. Durant cette intervention les médecins lui ont onlevé certaines parties du cerveau dont l’hippocampe. Bien qu’ayant récupéré de son épileptie, ce âtient souffrait d’amnésies sélectives. Il avait conservé ses souvenir les plus anciens mais perdu les plus récents et était quasiment incapable d’en forger de nouveaux. Une quinzaine d’années après son opération, s’il était toujours en mesure de donner sa date de naissance, il était incapable d’indiquer son âge. Vous pouvez considérer l’hippocampe comme le chef d’orchestre qui supervise l’acquisition de connaissances nouvelles. Lorsque l’on observe cette structure chez des individus qui ont bénéficié d(une nuit complète d’un sommeil réparateur, on constate une activité saine en corrélation avec l’apprentissage.  En revanche chez les personnes qui manquaient de sommeil un niveau d’activité très faible traduisant une aptitude à acquérir de nouvelles connaissances fortement compromise. Le sommeil joue également un rôle essentiel en ce qui concerne votre santé en général et votre condition physique.  Laissez-moi vous parler des effets du manque de sommeil sur votre système cardiovasculaire, même un déficit d’une heure de sommeil fait une énorme différence. Au moment du changement d’heure deux fois par an, 1,6 milliard de personnes sur la planète dans 70 pays expérimentent les changements qu’occasionnent une variation de la durée de leur sommeil. Lorsque nous perdons une heure de sommeil nous constatons une augmentation de 24% des crises cardiaques le jour suivant en automne. Lorsque nous gagnons une heure de sommeil nous constatons une réduction de 21% des crises cardiaques n’est-ce pas incroyable ? Nous constatons le même phénomène pour les accidents de la route et même les taux de suicides. Concentrons-nous maintenant sur les corrélations qui existent entre un déficit de sommeil et votre système immunitaire. Dans votre corps il y des cellules dont le rôle est de constituer un ensemble de mécanismes de défense contre les attaques que subit votre organisme. Il existe deux types de défenses immunitaires : innée et et acquise. La réponse non spécifique qui constitue l’immunité innée, elle agit en ne tenant pas compte du type de maladie qu’elle combat. Elle constitue la première ligne de défense face aux infections. La réponse acquise ou spécifique fait intervenir des cellules spécialisées appelées lymphocites, il en existe deux classes : les lymphocytes B et les lymphocytes T. Votre système immunitaire fonctionne de la même façon qu’un agent des services secrets, il identifie les intrus puis se charge de les éliminer. Si vous limitez votre sommeil en ne dormant que quatre heures pendant une seule nuit vous subirez une baisse de 70% de l’activité de ces cellules qui protègent votre système immunitaire. Il existe un lien étroit entre une durée de sommeil vraiment insuffisante et le risque de développement de nombreuses formes de cancers, ce lien est si fort que l’organisation mondiale de la santé a classé toutes les formes de travail de nuit comme cancérigène probable. Vous avez peut-être entendu parler de ce vieux dicton, on peut dormir quand on est mort et bien c’est un conseil tout fait imprudent, il y a une vérité toute simple, plus votre sommeil est court et plus votre vie est courte. Si l’augmentation du risque de développer un cancer et ld’être atteint par la maladie d’alzheimer ne sont pas assez effrayants pour vous vous convaincre, songez que le manque de sommeil va jusqu’à détruire votre vie biologique elle-même, le code génétique de votre ADN. Dans une étude, des chercheurs ont pris un groupe d’adultes en bonne santé et ont restreint à six heures leur durée de sommeil par nuit pendant une semaine. Puis ils ont mesuré les changements se produisant dans leur profil d’activité génétique et ils ont fait deux découvertes cruciales. En premier lieu l’activité de 711 gènes a été altérée par cette restriction de sommeil ce qui est considrable et significatif. Le deuxième résultat est qu’environ la moitié de ces gènes ont vu leur activité augmenter, l’autre moitié est diminuer. Ceux qui ont été désactivés par un manque de sommeil étaient des gènes associés au système immunitaire. En revanche ceux dont l’activité a augmenté étaient associés à la prolifération de tumeurs, au stress et aux maladies cardiovasculaires. Il n’y a tout simplement aucun aspect de votre bien-être qui ne puisse échapper au manque de sommeil. C’est comme une conduite d’eau rompue dans votre maison. La perte de sommeil se répercute sur chaque facette de votre physiologie et même sur votre ADN. A ce stade vous vous dites peut-être mon dieu comment puis-je commencer à mieux dormir, quels sont les techniques susceptibles d’améliorer mon sommeil ?  J’ai deux conseils à vous donner. Le premier est de rester au frais, votre corps a besoin de faire baisser sa température centrale d’environ un degré celsius pour s’endormir et ensuite pour rester rester dans cet état. C’est la raison pour laquelle il vous sera toujours plus facile de vous endormir dans une pièce trop froide que trop chaude. La température de votre chambre doit se situer à environ 18 degrés celsius. Prendre un bon bain avant de se coucher est également un excellent moyen de faire baisser la température corporelle et de s’endormir rapidement. Vous vous demandez peut-être aussi ce qu’il faut faire si vous allez vous coucher mais ne parvenez pas à vous endormir. Je suis certain que vous connaissez ce sentiment de tourner dans votre lit pendant une heure sans parvenir à vous assoupir. Si vous restez au lit pendant plus de 20 minutes vous devriez peut-être en et aller dans une autre pièce afin de vous adonner une à une activité différente. La raison en est que votre cerveau va très rapidement associer votre chambre un lieu d’éveil et vous devez briser cette association. En d’autres termes, vous ne vous attablerez jamais à table en attendant d’avoir faim alors pourquoi rester au lit en attendant d’avoir sommeil ? Le deuxième conseil est la régularité. Couchez-vous et levez-vous toujours à la même heure que ce soit en semaine ou le week-end. Cette habitude améliorera la quantité et la qualité de votre sommeil. Encore une chose, ne retardez jamais votre réveil car cela est très stressant pour votre système cardiovasculaire. En effet lorsque vous entendez le réveil, votre corps génère un fort pic de substances chimiques stressantes. Lorsque vous entendez le réveil tout en continuant à roupiller, cela a un fort impact négatif sur votre organisme. Cette habitude peut vous sembler anodine, imaginez ses effets si vous la répétez durant des années quotidiennement. Il est utile d’utiliser le réveil, mais essayez de vous lever dès la première sonnerie. Beaucoup d’entre nous se couchent tard et ne dorment pas assez alors pourquoi ne pas mettre une alarme pour aller au lit et pas seulement pour se réveiller par exemple si vous vous couchez 11h vous pouvez mettre une alarme pour 10h45 et utiliser ces 15 minutes pour vous préparer à dormir. Supposons que vous vous couchez vers 11h et que vous vous réveillez à 6h du matin. Comment sauriez-vous si cela suffit et si vous avez suffisamment dormi ? Le problème lorsque vous manquez de sommeil est que vous ne le savez pas.  Voici deux indices à rechercher pour savoir si vous avez suffisamment dormi ou non. En premier lieu lorsque vous vous réveillez le matin, vérifiez si vous pouvez fonctionner sans café. Ensuite vers midi ou une heure de l’après-midi vérifiez si vous avez besoin d’une sieste ou non. Si vous pouvez continuer sans faire de sieste tout en étant en forme, c’est le signe que vous avez suffisamment dormi. Malheureusement le sommeil n’est pas un luxe facultatif, il est une nécessité biologique non négociable. Il s’agit d’un besoin vital qui conditionne votre aptitude à la survie. L’augmentation de la privation de sommeil dans les pays industrialisés a un impact catastrophique sur notre santé et notre bien-être. Et aussi potentiellement sur la sécurité et l’éducation de nos enfants. Il s’agit d’une épidémie silencieuse qui est en train de devenir l’un des plus grands défis de santé publique auquel nous sommes confrontés au 21ème siècle. Il est temps de revendiquer notre droit à une nuit complète de sommeil sans gêne ni stigmates de paresse. Le sommeil ne fonctionne pas comme un compte en banque, vous ne pouvez pas cumuler une dette et espérer la rembourser plus tard. On ne peut pas travailler beaucoup pendant la semaine et compenser en dormant plus longtemps le week-end. La raison pour laquelle le manque de sommeil a des effets catastrophiques et que notre santé se détèriore si rapidement et que la nature au cours de l’évolution n’a jamais eu à relever le défi de cette chose appelée manque de sommeil. Elle n’a donc jamais développé de systèmes de sécurité contre le manque de sommeil et c’est pourquoi lorsque vous êtes privé de sommeil les choses se détèriorent si rapidement tant au niveau de notre cerveau que de notre organisme. L’homme est la seule espèce qui se prive de sommeil on ne voit pas d’autres espèces faire la même chose. C’est pourquoi notre corps et notre cerveau n’ont aucun système de protection contre le manque de sommeil et vous devez donner lui donner la priorité, il n’y a pas d’autre solution.